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Boko Haram donne de ses nouvelles

Boko Haram donne de ses nouvelles

La secte Boko Haram intensifie les enlèvements au Cameroun, au Nigeria et dans le bassin du lac Tchad en général. Analyse des tactiques et fragilité des réponses militaires.

Depuis plus d’une décennie, Boko Haram sème la terreur. Sa zone : le bassin du lac Tchad. Le groupe perfectionne constamment ses méthodes d’attaque. Aujourd’hui, les enlèvements ciblés semblent être la nouvelle tactique. Ils ont pour cible des civils ordinaires — éleveurs, enseignants, familles. Pour survivre, Boko Haram procède par rançonnage, avant libération.

Le 14 août, les assaillants ont attaqué un bus à Zigagué, sur l’axe stratégique Kousseri–Maroua dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Ils ont enlevé plusieurs passagers, dont de nombreux enfants. Certains ont été libérés quelques jours plus tard. Ce mode opératoire, combinant frappes rapides, exploitation des routes stratégiques et invisibilité, montre combien Boko Haram s’adapte.

Réponse militaire

Les armées de la région tentent de riposter, mais leurs opérations restent contrastées. Au Nigeria, le 24 août, l’armée a libéré 76 otages autour de Pauwa Hill (État de Katsina). Ce, après l’attaque d’une mosquée qui avait fait près de 50 morts. Malheureusement, un enfant a trouvé la mort pendant l’opération.

Au Cameroun, les forces armées ont libéré 10 otages de Zigagué, majoritairement des enfants, après une semaine de traque. Le Bataillon d’intervention rapide (BIR), la gendarmerie, la police et la Force mixte multinationale ont coordonné l’opération sans verser officiellement de rançon. Pourtant, un enfant est décédé. Ces interventions rappellent que chaque victoire militaire dans cette guerre asymétrique entraîne un coût humain élevé.

Le pont sur l’Elbeid à Fotokol tristement célèbre dans la lutte contre Boko Haram au Cameroun.

Fragilité des États

La lutte ne se limite pas aux opérations sur le terrain. Au Niger, Boko Haram a démenti la mort annoncée de son chef militaire Bakoura, tué lors d’une frappe aérienne. Les experts rappellent les précédents de Shekau : des leaders plusieurs fois déclarés morts avant de réapparaître. Ces incertitudes affaiblissent la crédibilité des armées et montrent que la force seule ne suffit pas.

Pendant ce temps, les populations du Mayo-Sava, du Mayo-Tsanaga et du Logone-et-Chari – au Cameroun – et des autres localités autour du bassin du Lac Tchad vivent dans l’angoisse quotidienne. Emprunter une route, cultiver un champ ou envoyer ses enfants à l’école devient un risque permanent.

Pour lutter durablement contre Boko Haram, les États doivent sécuriser les axes stratégiques. Ils doivent aussi soutenir les victimes, relancer l’économie locale et dialoguer avec les communautés. Seule cette approche globale permettra de restaurer la sécurité et la confiance dans la région.

Par la Rédaction

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