Portée par l’or, la croissance burkinabè 2026 revue à 6%
Dopée par la production aurifère et la forte progression des recettes fiscales, l’économie burkinabè devrait croître de 6% en 2026, avec une inflation quasi nulle. Le gouvernement de transition se montre optimiste pour 2027-2029, sous réserve d’une amélioration du contexte sécuritaire régional.

Les premiers effets de la Raffinerie d’or du Burkina Faso (Raffinor-BF) sont annoncés. Le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel du Burkina Faso pour 2026 est désormais estimé à 6%, contre une prévision de 5,7% établie en mars, le 9 octobre 2026 le gouvernement à l’issue du conseil des ministres. Cette révision à la hausse s’explique principalement par de meilleures performances attendues de la production aurifère et une augmentation des recettes, selon le compte rendu du conseil des ministres.
Le 28 septembre à Ouagadougou, le président Ibrahim Traoré a inauguré la Raffinor-BF. L’installation a mobilisé plus de 11 milliards de FCFA. L’État a notamment engagé ces ressources à travers la Société nationale des substances précieuses, avec le concours du secteur privé national. La raffinerie peut traiter 164 tonnes d’or par an dans sa première phase. Sa capacité pourrait atteindre 515 tonnes après extension.
L’or en locomotive
L’or est le premier produit d’exportation du Burkina Faso et représente l’essentiel de ses recettes d’exportation. Le secteur profite depuis 2025 de cours mondiaux historiquement élevés, le métal jaune jouant son rôle de valeur refuge dans un contexte international incertain. Les autorités de transition ont parallèlement renforcé l’emprise de l’État sur le secteur, à travers un nouveau code minier adopté en 2024, la création d’une société d’État chargée de gérer les participations publiques dans les mines et la reprise de plusieurs sites industriels auparavant exploités par des groupes étrangers.
La croissance économique en 2026 devrait être portée par le secteur tertiaire, dont la contribution est estimée à 2,7 points de pourcentage, suivi du secteur secondaire, avec 1,9 point, et du secteur primaire, avec 1,3 point, a précisé la même source.
Une inflation contenue à 0,3%
Par ailleurs, le taux d’inflation devrait s’établir à 0,3% en 2026, selon le gouvernement. Celui-ci a indiqué que les mesures prises pour contenir la hausse des prix, notamment le contrôle des prix et l’interdiction d’exporter des céréales, ainsi que les efforts visant à sécuriser l’approvisionnement des zones confrontées à d’importants défis sécuritaires, devraient contribuer à maîtriser le niveau général des prix.
Ce niveau se situe nettement en dessous du plafond de 3% fixé comme critère de convergence par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont le Burkina Faso reste membre. Le pays est confronté depuis 2015 à des attaques de groupes armés jihadistes qui ont provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes et placé sous blocus plusieurs localités, compliquant leur ravitaillement en denrées de base.
Des recettes en hausse de 27,7%
Les recettes mobilisées à fin juin 2026 se sont élevées à 2.118,4 milliards de francs CFA (environ 3,6 milliards de dollars), contre 1.659,4 milliards de FCFA (environ 2,8 milliards de dollars) à la même période en 2025, soit une hausse de 27,7%, attribuée principalement à l’augmentation des recettes fiscales. Pour la période 2027-2029, le gouvernement table sur des perspectives économiques favorables, sous réserve notamment d’une détente des tensions géostratégiques, d’une amélioration des situations sociopolitique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest et de conditions climatiques favorables.
Dirigé depuis septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, le Burkina Faso forme avec le Mali et le Niger l’Alliance des États du Sahel (AES), devenue une confédération en juillet 2024. Les trois pays, tous gouvernés par des régimes militaires, ont officiellement quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier 2025.
La mise en œuvre du nouveau référentiel national de développement, le Plan RELANCE 2026-2030, devrait également soutenir l’activité économique, selon le gouvernement. Dans ce contexte, la croissance du PIB réel est projetée à 5,6% en 2027, 5% en 2028 et 5,2% en 2029, a-t-on indiqué de même source.
Par Adrien OUEDRAOGO avec XINHUA




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