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Présidentielle en Côte d’Ivoire : après la marche, quels scénarios ?

La marche du 9 août à Abidjan a rassemblé l’opposition contre un 4e mandat d’Ouattara. Mais entre répression et verrouillage institutionnel, l’avenir de cette contestation reste incertain. Que peut-elle espérer ?

Les Ivoiriens sont sortis en masse dire non à 4e mandat du président Ouattara. ©DR

Abidjan, le 9 août 2025 – Plusieurs milliers d’Ivoiriens ont défilé dans les rues d’Abidjan, rassemblés par une coalition d’opposition comprenant le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Front Populaire Ivoirien (FPI). Cette marche visait à dénoncer la candidature d’Alassane Ouattara à un quatrième mandat, perçue comme un verrouillage du processus électoral, et à réclamer la révision des listes électorales ainsi que la réintégration des leaders exclus du scrutin.

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Quelques jours auparavant, des actes de vandalisme avaient éclaté dans certains quartiers d’Abidjan, attribués par les autorités à des membres de l’opposition. Ces événements ont conduit à l’arrestation de plusieurs figures politiques, dont Lida Kouassi (PPA-CI) et Koné Boubakar (PDCI), indépendamment de la marche elle-même. Face à cette situation, la tension demeure vive et la question centrale est désormais : dans quel scénario cette contestation va-t-elle évoluer ? Trois options se dessinent pour les prochaines semaines.

Recul partiel du pouvoir

L’option la plus favorable à l’opposition serait que la mobilisation, amplifiée par d’autres manifestations et par une pression diplomatique accrue, contraigne le pouvoir à quelques concessions.« Si la rue reste mobilisée et que la communauté internationale hausse le ton, le pouvoir pourrait concéder quelques gestes techniques pour sauver les apparences », explique un politologue abidjanais. Cela pourrait se traduire par la libération rapide des leaders arrêtés ou un réexamen limité des listes électorales.Cependant, « ces gestes, s’ils arrivent, ne remettront pas en cause l’avantage institutionnel du président sortant », tempère-t-il.

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Blocage complet

Pour beaucoup d’observateurs, c’est le scénario le plus probable. Ouattara s’appuie sur un Conseil constitutionnel qui a validé sa candidature au nom de la réforme constitutionnelle de 2016, et bénéficie du soutien solide des forces de sécurité. « Le Conseil est verrouillé, les candidatures filtrées, et la machine sécuritaire tourne à plein régime. Ouattara n’a aucune raison de céder », confie un cadre du PDCI. Dans ce cas, la marche du 9 août restera un symbole fort, mais sans impact sur le processus électoral. Un militant du PPA-CI met en garde : « On risque de revivre 2020, avec un boycott qui nous laisse hors-jeu. »

Escalade politique avant le scrutin

Si la répression s’accentue et que de nouvelles arrestations surviennent, l’opposition pourrait durcir sa stratégie. « Nous ne resterons pas spectateurs si le pouvoir continue à étouffer la démocratie », prévient un responsable du FPI. La coalition pourrait multiplier les marches, lancer des appels à la désobéissance civile ou organiser des opérations de blocage. Un diplomate africain à Abidjan avertit : « Une montée des tensions à deux mois du scrutin pourrait déboucher sur des affrontements incontrôlables et une forte abstention. »

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Le camp présidentiel confiant

En toile de fond, un président sortant sûr de lui. Sur le terrain, Ouattara multiplie les déplacements, vante son bilan économique et promet la poursuite des grands chantiers. Ses alliés comptent sur l’usure de la contestation et la peur des arrestations pour limiter la mobilisation. Comme le résume un analyste ivoirien : « L’opposition a montré qu’elle pouvait mobiliser. La vraie question est de savoir si elle saura transformer cet élan en une stratégie durable capable de peser sur un pouvoir bien ancré. »

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Cette marche a ouvert une séquence politique incertaine dont l’issue dépendra de la capacité de l’opposition à rester unie et déterminée, malgré la répression. À deux mois du scrutin, le bras de fer entre un pouvoir confiant et une opposition fragilisée mais résolue ne fait que commencer.

Ismaël Kouadio Djédjé

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