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CAN : la fin d’un rituel biennal cher aux Africains

La 35e Coupe d’Afrique des nations qui s’ouvre ce dimanche 21 décembre 2025 au Maroc ne ressemble pas aux autres CAN. Elle devient l’avant-dernière édition que les Africains disputent selon le rythme bien connu : une grande fête du football tous les deux ans. Le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, l’a annoncé le samedi 20 décembre : à partir de 2028, la CAF fera basculer la CAN vers un cycle de quatre ans. Cette décision suscite déjà des réserves chez de nombreux amoureux du football continental, attachés à cette régularité qui faisait de la CAN un rendez-vous permanent, populaire et profondément ancré dans la vie africaine.

Le trophée de la CAN tant convoité. ©CAF

Le continent s’apprête donc à vibrer pendant un mois, du 21 décembre au 18 janvier 2026, avec ce parfum particulier. Plus qu’un tournoi, la CAN demeure un moment de communion, de débats passionnés, de fierté nationale et parfois de désillusion. Dimanche, le Maroc donnera le coup d’envoi d’une édition chargée de symboles, dans un pays qui retrouve la compétition après près de quatre décennies d’absence en tant qu’hôte.

La CAF a désigné le Royaume chérifien en septembre 2023 pour organiser la compétition, et le Maroc a repris le flambeau après le retrait de la Guinée, que l’instance a jugée insuffisamment prête, notamment sur le plan des infrastructures. Fort de ses stades modernes et de son expérience récente dans l’organisation d’événements internationaux, le Maroc s’impose comme un choix rassurant. Cette CAN s’inscrit aussi dans la continuité de son parcours historique au Mondial 2022, où il est devenu le premier pays africain à atteindre les demi-finales.

Favoris, surprises et absences

Sur le terrain, de nombreux prétendants se présentent pour le titre. Le Maroc, porté par son public, avance avec l’étiquette de favori. Le Sénégal de Sadio Mané, référence solide du football africain moderne, arrive avec des ambitions claires, tout comme l’Égypte de Mohamed Salah, habituée des grands rendez-vous. L’Algérie, souvent redoutable quand on l’attend moins, reste à surveiller, tout comme le Nigeria, finaliste de la dernière édition. La Côte d’Ivoire, tenante du titre, cherchera à défendre son statut malgré un contexte moins stable. En arrière-plan, la République démocratique du Congo progresse et pourrait bousculer l’ordre établi.

Mais la CAN, fidèle à sa réputation, laisse toujours une place aux surprises. Le Botswana, modeste sur le papier, disputera seulement sa deuxième phase finale. Les Comores, de retour après leur parcours remarqué en 2022, incarnent cette nouvelle Afrique du football, portée par une diaspora active et des joueurs formés en Europe. À la CAN, les équipes ne figent jamais les hiérarchies.

Cette édition comptera aussi des absences importantes. Les blessures, les choix techniques ou des décisions extra-sportives priveront la compétition de plusieurs figures majeures. Le Cameroun jouera sans André Onana, André-Franck Zambo Anguissa et Vincent Aboubakar. Le Maroc évoluera sans Hakim Ziyech, l’Algérie sans Amine Gouiri et Nabil Bentaleb. La Guinée, non qualifiée, laissera Serhou Guirassy à Dortmund, tandis que la Côte d’Ivoire se présentera sans Nicolas Pépé. Ces absences redistribuent les cartes et rappellent la profondeur, mais aussi la fragilité, des sélections africaines.

Une CAN test

Au-delà des résultats, la CAN Maroc 2025 sera observée comme un test. Test sportif, bien sûr, mais aussi test d’organisation et de crédibilité pour un football africain en quête de stabilité et de reconnaissance durable. À l’heure où la CAF prépare un changement de cycle qui éloignera la CAN de son rythme traditionnel, cette édition ressemble à un moment charnière.

Ce dimanche, à 19h GMT, lorsque le ballon roulera pour la première fois, l’Afrique entrera dans l’une de ses dernières CAN « tous les deux ans ». Une page va lentement se tourner. Reste à savoir si le spectacle, l’émotion et l’imprévu, marques de fabrique de la CAN, sauront résister au temps et aux réformes.

Fabrice PORO

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