A Amdjarass au Tchad, le Sahara célèbre son unité
Du 7 au 13 février 2026, la ville d’Amdjarass, dans le nord-est du Tchad, a accueilli la 6ᵉ édition du Festival international des cultures sahariennes (FICSA) 2026. L’événement s’est affirmé comme un puissant vecteur d’unité autour d’un même idéal : faire du Sahara un espace de paix, de mémoire et de coopération.

Pendant une semaine, Amdjarass, ville du nord-est du Tchad, s’est transformée en capitale saharienne. La cérémonie d’ouverture de la 6e édition du Festival international des cultures sahariennes (FICSA), présidée par le Premier ministre tchadien Allah Maye Halina, représentant le président Mahamat Idriss Déby Itno, a donné le ton d’une édition à forte portée symbolique. « Le Sahara n’est pas une périphérie oubliée, il est un centre vivant de civilisation et de dialogue », a déclaré le chef du gouvernement tchadien, insistant sur le rôle de la culture comme facteur de stabilité régionale.
La présence des Premiers ministres du Niger (Ali Lamine Zeine), du Burkina Faso (Jean-Emmanuel Ouédraogo) et de représentants du Mali a renforcé la dimension diplomatique du festival. À travers cette participation de haut niveau, le FICSA confirme sa mue : d’événement culturel, il devient plateforme d’intégration sahélo-saharienne. Le chef du gouvernement nigérien a salué « un espace de retrouvailles entre peuples liés par l’histoire, la mobilité et les traditions », rappelant que les frontières modernes ne sauraient effacer les solidarités anciennes.
Symboles d’une mémoire partagée
Au-delà des discours officiels, c’est sur le terrain que l’unité saharienne s’est le mieux exprimée. Les soirées culturelles ont réuni artistes touaregs, toubou, arabes et sahéliens autour de musiques ancestrales et contemporaines. Les rythmes du tindé, les chants nomades et les danses traditionnelles ont fait vibrer le public venu de plusieurs pays. Les parades caravanesques ont symbolisé la mémoire des grandes routes commerciales transsahariennes. Drapés de turbans indigo ou de voiles blancs, cavaliers et chameliers ont offert un spectacle puissant, rappelant que le désert fut longtemps un pont entre les civilisations.
Moment phare de cette édition : la grande course internationale de dromadaires. Pour la première fois organisée à cette échelle au Tchad, la compétition a rassemblé des participants venus de seize pays. Plus qu’un sport, cette course est un héritage vivant. Elle unit les peuples autour d’un animal emblématique du Sahara, compagnon de survie, de commerce et de culture.
Des expositions artisanales ont également mis en valeur le savoir-faire des femmes et des artisans : bijoux en argent, cuir travaillé, tissages, calligraphies et objets du quotidien transformés en œuvres d’art. Autant d’expressions d’une identité commune façonnée par l’adaptation au désert.
Le désert comme trait d’union
En mettant en avant le Massif de l’Ennedi, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le festival a rappelé que le territoire lui-même est un facteur d’unité. Les excursions touristiques et randonnées chamelières ont permis aux visiteurs de découvrir un paysage grandiose, porteur d’histoire et de spiritualité. Pour la ministre nigérienne du Tourisme et de l’Artisanat, Aghaïchata Guichène Atta, « le Sahara est un espace de civilisation. Il nous relie par la culture, par la mémoire et par la volonté de construire ensemble un avenir de paix ». Une déclaration qui résume l’esprit de cette 6ᵉ édition.
Dans un contexte sahélien marqué par les incertitudes sécuritaires, le FICSA 2026 au Tchad propose une autre narration : celle d’un Sahara uni par ses valeurs d’hospitalité, de solidarité et de résilience.
Au terme de cette semaine intense, une conviction s’impose : le désert n’est pas une frontière, mais un lien. À Amdjarass, le FICSA 2026 aura démontré que la culture peut être un socle solide pour rapprocher les peuples sahariens et réaffirmer leur identité commune.
Par Ebnou KHALZÉ, à N’Djamena




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