Le Tchad signe 34 accords avec l’Algérie
Au terme d’une visite d’État à Alger, le Tchad et l’Algérie ont franchi un nouveau palier dans leur coopération bilatérale. Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, et son homologue Abdelmadjid Tebboune ont supervisé la signature de 34 accords et mémorandums d’entente couvrant des secteurs stratégiques.

Le président du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a regagné N’Djamena le 24 avril 2026. Après une visite d’Etat en Algérie qui s’est ouverte deux jours plus tôt sur une séquence à forte charge symbolique. A son arrivée le 22 avril 2026 à Alger, le chef de l’État tchadien s’est incliné devant la mémoire des martyrs de la guerre de libération. Au Sanctuaire du Martyr, il dépose une gerbe de fleurs et observe un long moment de recueillement, dans un silence lourd de sens, face à un monument qui domine la capitale et rappelle le prix de l’indépendance. Cette étape se poursuit au Musée du Moudjahid, situé dans les entrailles du sanctuaire. Le président y découvre les témoignages matériels de la lutte algérienne : armes, archives, photographies et objets historiques.
Au terme de cette séance, Mahamat Idriss Déby Itno a co-présidé avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, la cérémonie de signature de 34 accords et mémorandums d’entente. Ces textes couvrent un large éventail de secteurs, notamment la communication, les travaux publics, la jeunesse, la santé animale, l’industrie pharmaceutique, le transport aérien, l’enseignement supérieur, le commerce et le pétrole. Dans le même élan, les deux pays paraphent également un accord d’exemption réciproque de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, ainsi qu’un mécanisme formalisé de consultations politiques et diplomatiques régulières.
Des entretiens politiques de haut niveau
Peu après son arrivée, le président tchadien est accueilli avec les honneurs militaires au Palais présidentiel d’Alger. Il entame un entretien en tête-à-tête avec son homologue Abdelmadjid Tebboune, suivi d’une séance élargie aux deux délégations. Les discussions portent sur le renforcement global des relations bilatérales. Les deux chefs d’État passent en revue les principaux axes de coopération et réaffirment leur volonté d’accélérer la mise en œuvre de projets communs. Le climat des échanges est marqué par une convergence de vues sur les enjeux économiques, sécuritaires et diplomatiques. Les deux parties insistent sur la nécessité de transformer les relations historiques en un partenariat stratégique structuré. Les questions de stabilité régionale, notamment dans le Sahel, sont abordées, avec une volonté affichée de renforcer la coordination face aux défis sécuritaires.
La séance élargie permet d’impliquer les ministres sectoriels des deux pays, ouvrant la voie à des engagements concrets. Cette phase préparatoire est essentielle : elle sert de base à la signature des accords qui vont suivre et qui traduisent la volonté politique en instruments juridiques et opérationnels. La diplomatie prend ici une dimension technique, orientée vers des résultats mesurables et des projets structurants.
Trente-quatre accords signés
Moment central de la visite : la signature de 34 accords et mémorandums d’entente entre le Tchad et l’Algérie. La cérémonie, co-présidée par les deux chefs d’État, consacre une ambition commune de diversification et d’intensification de la coopération. Les accords couvrent un large éventail de secteurs stratégiques. Dans les travaux publics et les infrastructures, les deux pays s’engagent à développer des projets de modernisation urbaine et de construction d’équipements structurants. Dans la santé et l’industrie pharmaceutique, ils posent les bases d’une coopération visant à renforcer la production locale de médicaments et l’accès aux soins.
Le secteur énergétique occupe une place centrale, avec des partenariats dans les hydrocarbures et les énergies renouvelables. Le commerce et l’investissement sont également au cœur des engagements, avec la volonté de fluidifier les échanges économiques et d’encourager les investissements croisés. Le transport aérien, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, la communication et les médias complètent cet ensemble. Les deux pays signent également des accords dans la jeunesse, le sport, la sécurité et la coopération administrative.
Deux textes majeurs viennent renforcer ce dispositif : un accord d’exemption de visas pour les passeports diplomatiques et de service, et un mécanisme de consultations politiques régulières. L’ensemble dessine une architecture de coopération globale, orientée vers une intégration progressive des politiques publiques.
Une dynamique portée par les acteurs privés
Au-delà des institutions, la visite d’État ouvre un espace de dialogue avec les acteurs économiques. Le Président de la République rencontre une importante délégation d’hommes d’affaires algériens, représentant les principaux groupes industriels du pays. Les échanges mettent en évidence une forte convergence d’intérêts. Les opérateurs algériens expriment leur volonté d’accompagner la transformation économique du Tchad, tandis que les autorités tchadiennes présentent les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires. Le ministre tchadien du Commerce et de l’Industrie revient sur les travaux préparatoires, notamment la première session du Conseil d’affaires tchado-algérien. Ces initiatives ont permis de renforcer les liens entre les milieux économiques des deux pays et d’identifier des opportunités concrètes de coopération.
Les représentants patronaux des deux pays insistent sur la nécessité de passer rapidement de la réflexion à l’action. Ils appellent à la mise en place de mécanismes opérationnels pour accélérer les projets d’investissement. L’Algérie est présentée comme un pôle industriel avancé, tandis que le Tchad se positionne comme un marché en transformation, riche en opportunités.
Un partenariat stratégique
Face aux acteurs économiques, le président Mahamat Idriss Déby Itno défend une vision claire de la coopération bilatérale. Il met en avant les réformes engagées au Tchad, notamment la simplification administrative, les incitations fiscales et la sécurisation juridique des investissements. Il appelle à dépasser le cadre classique des relations investisseurs-État pour construire un partenariat stratégique équilibré. Le chef de l’État invite les entreprises algériennes à s’impliquer davantage dans les secteurs productifs tchadiens. Il insiste sur la stabilité politique et les potentialités économiques de son pays, qu’il présente comme une terre d’opportunités en pleine transformation.
Le président tchadien rencontre successivement les responsables des deux chambres du Parlement ainsi que le Premier ministre. Ces échanges permettent de renforcer la dimension institutionnelle du partenariat. Le chef de l’État insiste sur le rôle essentiel des Parlements dans la stabilité des accords internationaux et la continuité des politiques publiques. Avec le Premier ministre algérien, les discussions portent sur les modalités de mise en œuvre des accords signés. Les deux parties évoquent la nécessité d’un suivi rigoureux et d’une coordination technique renforcée entre les administrations. Cette séquence institutionnelle complète le dispositif diplomatique et économique, en assurant un ancrage politique solide aux engagements pris.
Par MAHAMAT Ben ABDEL, à N’Djamena




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