Chargement en cours
Publicité

Guinée : un éboulement fait 30 morts dans une décharge à Conakry

Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026, un éboulement est survenu à la décharge de Dar-es-Salam, à Conakry, faisant au moins 30 morts et 22 blessés, selon le bilan provisoire du gouvernement guinéen. Le drame, survenu après de fortes pluies, a également provoqué l’effondrement de plusieurs habitations.

Des habitations cohabitaient avec la décharge de Dar-es-Salam. ©DR

Les populations habitant à proximité de la décharge de Dar-es-Salam, à Conakry, en République de Guinée ont été brusquement réveillé ce 23 août 2026. Un drame s’est produit aux environs de 2 heures du matin, alors qu’ils se trouvaient encore dans leurs logements. Une partie du massif d’ordures s’est effondrée sous l’effet des intempéries, entraînant dans sa chute plusieurs habitations. Dans un communiqué publié sur la page Facebook de la Primature, le gouvernement guinéen précise que l’éboulement est survenu « à la suite des fortes pluies enregistrées dans la nuit ».

Le bilan provisoire établi ce 23 août à 16 heures fait état de 30 morts, six blessés graves et 16 blessés légers. « Dès les premières heures, d’importants moyens humains et matériels ont été mobilisés pour rechercher d’éventuelles personnes encore ensevelies, secourir les victimes et procéder au dégagement des corps », indique le gouvernement.

Les opérations de secours se poursuivent sur le terrain. Selon les autorités, elles sont menées « sous la coordination des services compétents de l’État, avec l’appui de la Croix-Rouge, des Forces de Défense et de Sécurité, des équipes médicales, des autorités administratives et locales ainsi que des populations riveraines ». Le gouvernement précise que « les opérations de recherche et d’assistance se poursuivent », alors que les équipes mobilisées restent à la recherche d’éventuelles personnes encore ensevelies.

Un drame et des questions

Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, s’est rendu sur les lieux afin de constater l’ampleur de la catastrophe et de superviser la mobilisation des services publics. Au nom du président Mamadi Doumbouya et du gouvernement, il a exprimé « sa profonde compassion et sa solidarité aux familles endeuillées ». Les autorités assurent par ailleurs que toutes les dispositions ont été prises pour la prise en charge médicale des blessés, notamment au CHU de Donka, ainsi que pour assister les personnes dont les habitations ont été affectées.

La catastrophe prend une dimension particulière alors que les autorités guinéennes avaient engagé depuis plusieurs mois le processus de fermeture de la décharge de Dar-es-Salam et de sécurisation de ses abords. Des responsables impliqués dans cette opération affirment que des campagnes de sensibilisation avaient été menées auprès des riverains et des personnes installées sur le site. Le Lieutenant-Colonel Baldé Mamadou Baïlo, chargé de l’assainissement au sein du Bataillon du Génie militaire et coordonnateur des travaux à Dar-es-Salam, affirme avoir participé pendant près de six mois à ces opérations de sensibilisation, en coordination avec les autorités locales.

Selon cet officier, une intervention avait encore été menée quelques jours avant le drame afin de dégager certaines installations précaires utilisées par des personnes présentes sur le site. Il indique également qu’une clôture devait être mise en place dans le cadre de la sécurisation de la zone. « On a prévenu », résume le coordinateur, qui déplore néanmoins la perte de vies humaines et souligne les difficultés rencontrées par les équipes chargées de faire respecter les mesures d’évacuation et de sécurisation.

L’urgence de sécuriser les populations

Au-delà du bilan provisoire, le drame laisse derrière lui des familles dévastées. Des témoignages recueillis sur place font état de proches toujours recherchés et de familles ayant perdu plusieurs membres. Africa Guinée rapporte notamment le témoignage d’une mère affirmant avoir perdu ses cinq enfants dans l’éboulement. Des rescapés ont également décrit la violence du phénomène, survenu en plusieurs phases au cours de la nuit. Face à cette tragédie, l’opposant Cellou Dalein Diallo a exprimé sa « consternation », adressant ses condoléances aux familles endeuillées et sa solidarité aux populations touchées. Il a également appelé à la mobilisation immédiate de tous les moyens nécessaires pour intensifier les recherches et porter secours aux personnes en difficulté.

Le drame de Dar-es-Salam relance la question de la cohabitation entre les zones d’habitation et les grands sites de traitement des déchets dans une capitale confrontée à une forte pression démographique et urbaine. Le gouvernement avait annoncé la fermeture et la transformation du site. Des démarches étaient en cours pour libérer et sécuriser la zone, tandis que des solutions alternatives de gestion des déchets étaient envisagées.

Dans son communiqué, le gouvernement appelle par ailleurs « les populations au calme, à la solidarité et au strict respect des consignes des services de secours et des autorités compétentes ». Alors que la Guinée rend hommage aux victimes, le drame de Dar-es-Salam remet en lumière l’urgence de renforcer la sécurisation des populations vivant à proximité des zones à risques.

Par MAHAMAT Ben ABDEL

Laisser un commentaire