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Cameroun : Diy-Gid-Biy, patrimoine de l’Unesco

Le site situé à l’Extrême-Nord du Cameroun inscrit ce 11 juillet 2025, lors de la 47e session du Comité du patrimoine mondial. Diy-Gid-Biy, dans les Monts Mandara, illustre la richesse méconnue du patrimoine africain, encore trop peu présent sur la liste de l’Unesco.

Le paysage culturel de Diy-Gid-Biy des Monts Mandara. ©DR

L’inscription, ce 11 juillet à Paris, lors de la 47e session du Comité du patrimoine mondial, du paysage culturel de Diy-Gid-Biy (l’œil du chef au sommet, en langue locale) au patrimoine mondial de l’Unesco marque une étape importante pour le Cameroun et pour l’Afrique toute entière. Ce site remarquable, situé dans les monts Mandara, dans la région de l’Extrême-Nord, devient le premier site culturel camerounais inscrit. Il s’étend sur 22 mille km2 et regroupe sept villages dont les pratiques culturelles, sociales et cultuelles remontent à une civilisation ancienne datée entre le XIIe et le XVIIe siècle après Jésus-Christ. Une avancée majeure pour la reconnaissance du patrimoine africain

Diy-Gid-Biy et Mulanje, à l’honneur

Au-delà de la reconnaissance internationale, l’inscription de Diy-Gid-Biy ouvre des perspectives pour le développement local. La région de l’Extrême-Nord, confrontée à de nombreux défis socio-économiques, pourrait tirer parti de cette visibilité mondiale pour développer un tourisme culturel durable, valoriser les savoir-faire ancestraux et renforcer l’attractivité de son territoire. Mais l’inscription ne constitue qu’un point de départ : la préservation à long terme du site nécessitera des moyens financiers, une gestion participative impliquant les populations locales, et une vigilance permanente face aux menaces multiples.

Outre Diy-Gid-Biy au Cameroun, le Mont Mulanje au Malawi a été également inscrit ce 11 juillet à Paris sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, a annoncé l’organisation qui présente l’Afrique comme une de ses priorités. La chaîne de montagnes dominée par le Mont Mulanje, dans le sud du Malawi, est considéré comme un lieu sacré peuplé de dieux, d’esprits et d’ancêtres.

L’Afrique reste sous-représentée

À Paris, les représentants africains et les partenaires internationaux ont convenu de la nécessité d’une solidarité renforcée pour soutenir le continent dans la sauvegarde de son patrimoine. Audrey Azoulay a appelé à un sursaut collectif pour que les patrimoines africains occupent enfin la place qui leur revient dans le patrimoine mondial de l’humanité. L’inscription de Diy-Gid-Biy envoie ainsi un signal fort, mais rappelle aussi l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir pour que l’Afrique, berceau de l’humanité et terre de civilisations millénaires, voie pleinement reconnue la richesse de son héritage culturel et naturel.

Cette inscription intervient dans un contexte où l’Afrique reste encore très sous-représentée sur la Liste du patrimoine mondial. Seuls 9 % des 1 199 sites inscrits dans le monde sont situés sur le continent africain. Ce déséquilibre historique a été au cœur des discussions de la 47e session du Comité du patrimoine mondial, réunie à Paris. La directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, a rappelé que l’Afrique est désormais une priorité stratégique pour l’organisation, qui s’est fixée comme objectif de doubler le nombre de sites africains inscrits d’ici 2030. Mais les obstacles restent nombreux : préparation des dossiers techniques, faiblesse des ressources financières et humaines, vulnérabilité des sites face aux conflits armés, à l’exploitation illégale des ressources, aux pressions foncières et aux effets du changement climatique.

Un Plan d’action pour l’Afrique

Depuis 2021, l’Unesco déploie un Plan d’action pour l’Afrique (2021-2027) visant à renforcer les capacités locales, accompagner la préparation des candidatures et améliorer la gestion durable des sites existants. Ce plan s’articule autour du renforcement de la gouvernance du patrimoine, de la lutte contre les menaces environnementales et humaines, et de la mobilisation des communautés locales, véritables dépositaires des savoirs et des traditions. Diy-Gid-Biy et Mulanje s’inscrivent pleinement dans cette dynamique, comme un exemple concret de patrimoine vivant, où les pratiques culturelles et les aménagements paysagers façonnent encore aujourd’hui le quotidien des populations.

Prosper Louabalbé

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