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Au Burkina Faso, le pari de la transformation du cajou, des céréales…

Quatre projets doivent sortir de terre grâce à un prêt de 36 milliards FCFA accordé le 30 juin 2026 par la Banque ouest-africaine de développement. Une unité de transformation de noix de cajou, des silos à céréales, une ferme avicole modernisée et de nouveaux pylônes télécoms au Burkina Faso.

Transformation des céréales aux Grands moulins du Faso © Renaud Van Der Meeren/EDJ

Les producteurs de la noix de cajou, des céréales et de la volaille attendent avec impatience. Le 30 juin 2026, les députés burkinabè de l’Assemblée législative du Peuple ont approuvé dans leur grande majorité, un prêt de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) d’environ 36 milliards FCFA. Objectif : financer le Fonds burkinabè de développement économique et social. Quatre chantiers à financer : une conserverie de cajou, des silos, une exploitation avicole et des antennes de télécommunication. Entre l’approbation de ce prêt et la matérialisation des chantiers sur le terrain, les Burkinabè attendent.

Le Burkina Faso produit le cajou depuis des années. Le pays l’exporte le plus souvent brute, sans transformation locale. Ce qui prive le pays d’une bonne partie de la valeur ajoutée. Une unité de transformation change la donne sur le papier, elle permet de décortiquer, calibrer et conditionner la noix sur place plutôt que de l’envoyer vers des usines étrangères. À présent, les autorités doivent préciser le lieu d’implantation de cette unité, sa capacité de traitement et, surtout, le nombre de producteurs locaux qui pourront y écouler leur récolte à un prix plus rémunérateur que celui actuellement proposé par les intermédiaires.

Des silos contre la précarité alimentaire

Le deuxième volet concerne le stockage des céréales. Chaque année, une partie non négligeable des récoltes burkinabè se perd faute d’infrastructures adaptées, exposée à l’humidité, aux nuisibles, aux ruptures de chaîne logistique. Des silos modernes permettraient aux producteurs de lisser les prix sur l’année et d’éviter de vendre au pire moment, juste après la récolte, lorsque l’abondance de l’offre fait chuter les cours. Ce mécanisme touche directement la sécurité alimentaire d’un pays où l’agriculture fait vivre la majorité de la population active.

La modernisation des activités avicoles de la société Moablaou SA constitue le troisième axe. Contrairement au cajou ou aux céréales, il s’agit ici d’une entreprise déjà identifiée, ce qui permettra, une fois les travaux engagés, de vérifier assez vite si la promesse d’emplois se concrétise. Le texte voté par les députés évoque que l’ensemble des quatre sous-projets crée des milliers d’emplois, un chiffre qu’il convient de suivre dans le temps plutôt que de tenir pour acquis.

Les pylônes, un chantier à part

Le quatrième sous-projet, l’installation de nouveaux pylônes de télécommunication, détonne dans cette liste à dominante agricole. Il répond à une logique différente, celle de la connectivité comme condition de développement économique, y compris pour les trois autres chantiers. Une unité de transformation de cajou ou des silos modernisés ont besoin de réseaux fiables pour la gestion logistique, la traçabilité des stocks ou les transactions financières mobiles, aujourd’hui incontournables dans les zones rurales burkinabè.

Les autorités affichent une ambition commune à ces quatre projets, celle de dynamiser la transformation industrielle locale et d’augmenter les revenus des producteurs. Le vote unanime des députés traduit un consensus politique sur l’utilité de ce financement. Il ne dit en revanche rien du calendrier de réalisation, ni des mécanismes de suivi qui permettront de mesurer, dans un an ou deux, si les silos sont sortis de terre et si les emplois promis existent réellement.

Par Adrien OUEDRAOGO, à Ouagadougou

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pornip

Good a blog toper

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