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Maroc : qui est Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement ?

Le 29 septembre 2026, le roi Mohammed VI a confié la direction du gouvernement à Fatima Ezzahra El Mansouri. Maire de Marrakech, ministre sortante de l’Aménagement du territoire et coordinatrice de la direction collégiale du Parti authenticité et modernité (PAM), vainqueur des législatives du 23 septembre, elle devient la première femme à occuper cette fonction dans l’histoire du royaume.

Fatima-Ezzahra-El-Mansouri Maroc : qui est Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement ?

C’est au palais royal de Rabat que le souverain a reçu la nouvelle cheffe du gouvernement. Selon le communiqué du cabinet royal, le roi du Maroc, Mohammed VI l’a chargée de former le nouveau gouvernement. Cette nomination, conforme à la Constitution de 2011 qui impose de choisir le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections, ouvre une page inédite de la vie politique marocaine.  En effet, le Parti authenticité et modernité (PAM) est sorti grand vainqueur d’un scrutin qui a sensiblement recomposé le paysage parlementaire. Le parti arrive en tête avec 97 sièges sur 395, contre 86 en 2021.

À l’inverse, le Rassemblement national des indépendants (RNI), présidé depuis février par Mohamed Chaouki, recule de 102 à 66 sièges, cédant la première place qui avait porté Aziz Akhannouch à la tête du gouvernement. L’Istiqlal, avec 65 sièges contre 81, perd du terrain mais reste dans le trio de tête. Autre fait marquant : le PJD effectue un retour remarqué avec 54 élus. Les résultats définitifs, confirmés le 25 septembre par le ministère de l’Intérieur, correspondent en tous points aux chiffres provisoires.

Le défi de la coalition

Première force parlementaire, le PAM ne peut pas gouverner seul. Ses 97 sièges restent loin des 198 nécessaires pour atteindre la majorité absolue à la Chambre des représentants. Plusieurs combinaisons sont envisageables. La reconduction du trio sortant PAM-RNI-Istiqlal totaliserait 228 sièges, soit trente de plus que le seuil requis. Une alliance PAM-Istiqlal-PJD atteindrait 216 sièges, et une formule PAM-RNI-PJD 217. Un simple tandem PAM-Istiqlal, avec 162 sièges, aurait en revanche besoin d’au moins un troisième partenaire.

Reconduire l’attelage sortant ne sera pas forcément simple : à l’approche des élections, les relations entre partenaires de la coalition étaient devenues de plus en plus concurrentielles, en particulier entre le RNI et le PAM. En août, le RNI avait accusé le PAM de chercher à débaucher plusieurs de ses parlementaires et élus, ce que le PAM avait démenti.

Une préférence pour l’expérience

Au sein même du PAM, Fatima Ezzahra El Mansouri n’était pas la seule à pouvoir prétendre au poste. Les noms de Fouzi Lekjaa, influent président de la Fédération royale marocaine de football récemment rallié au parti, et de l’ambitieux Mehdi Bensaïd circulaient avec insistance. C’est finalement l’expérience de la maire de Marrakech, 50 ans, qui a été privilégiée. Elle hérite d’une mission délicate dans un pays traversé par de fortes attentes économiques et sociales.

Née le 3 janvier 1976 à Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri est titulaire d’une licence en droit privé de l’université Mohammed V de Rabat, d’un DEA en droit des contrats d’affaires de l’université de Montpellier et d’un certificat en droit anglo-saxon obtenu à la Pace University, aux États-Unis. Elle exerce comme avocate au barreau de Marrakech depuis mars 2005.

Un parcours politique fulgurant

Son engagement débute en 2007 au sein du Mouvement de tous les démocrates. L’année suivante, elle participe à la fondation du PAM, dont elle devient une figure centrale : présidente du conseil national de 2015 à 2024, puis coordinatrice de la direction collégiale depuis 2024.

En 2009, à seulement 33 ans, elle prend la tête de la mairie de Marrakech, devenant la deuxième femme maire de l’histoire du pays après Asmaa Chaâbi à Essaouira. Elle quitte ce poste en 2015 avant de le reconquérir en 2021. Parallèlement, elle siège à la Chambre des représentants de 2011 à 2021, élue dans la circonscription de Médina Sidi-Youssef. En 2021, elle entre dans le gouvernement d’Aziz Akhannouch comme ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, fonction qu’elle occupait jusqu’à sa nomination.

Sa notoriété dépasse les frontières du royaume : en 2014, le magazine Forbes l’a placée en tête des vingt jeunes femmes les plus influentes d’Afrique, et le Forum économique mondial l’a distinguée la même année comme Young Global Leader.

Par Mahamat Ben Abdel

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