Cameroun : qui sont les généraux nommés par Paul Biya depuis la Suisse ?
Le président de la République, Paul Biya, chef des Armées, a élevé cinq officiers supérieurs de l’armée et de la gendarmerie nationale au grade de général de brigade par décret présidentiel du 3 août 2026. Ces promotions consacrent des profils issus du renseignement, de la défense anti-aérienne, des forces spéciales et des unités d’élite.

Par décret présidentiel signé le 3 août 2026, Paul Biya, président du Cameroun, a procédé à une nouvelle vague de promotions au sein des Forces de défense camerounaises. Depuis la Suisse, où il séjourne depuis le 7 juin 2026, le chef de l’Etat a élevé cinq colonels au grade de général de brigade. Ces nominations interviennent dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, notamment dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Au-delà de la distinction honorifique, ces promotions s’accompagnent pour la plupart de nouvelles responsabilités opérationnelles ou administratives. Des choix qui mettent en avant des officiers ayant une expérience du commandement, du renseignement, de la planification militaire et de la conduite des opérations.
Général Beko’o Abondo : le patron de la Garde présidentielle de Biya
Appelez-le désormais général Raymond Jean Charles Beko’o Abondo ! Promu au grade de général de brigade par décret présidentiel du 3 août 2026, il conserve également ses fonctions de commandant de la Garde présidentielle (GP), une unité d’élite chargée de la protection du chef de l’État, des institutions républicaines et des personnalités protégées.
Né le 8 mai 1972 à Batouri, dans la région de l’Est, Raymond Jean Charles Beko’o Abondo appartient à une génération d’officiers formés à l’étranger et rompus aux exigences du commandement militaire. Titulaire d’un baccalauréat série D, il intègre l’Académie militaire Evelpidon d’Athènes, en Grèce, où il suit sa formation d’officier entre 1992 et 1997.
À son retour au Cameroun, il effectue un passage à l’état-major de l’armée de Terre avant de rejoindre la Garde présidentielle en 1999. Au sein de cette unité stratégique, il gravit progressivement les échelons : commandant de compagnie, chef du bureau des ressources humaines, responsable du Centre d’instruction commando et assistant du conseiller technique chargé des Forces spéciales à la présidence de la République.
Nommé commandant de la Garde présidentielle en janvier 2023, il devient l’un des officiers les plus proches du dispositif sécuritaire autour du chef de l’État. Sa promotion au grade de général, assortie de son maintien à ce poste sensible, traduit la confiance renouvelée de Paul Biya envers celui qui dirige l’une des unités les plus importantes du système de défense camerounais. Il aura désormais pour mission de poursuivre la modernisation, la discipline opérationnelle et le renforcement des capacités de la Garde présidentielle.
Général Eloundou : place à la logistique de la Gendarmerie
À bientôt 59 ans, le général de brigade Mesmin Magloire Aristide Eloundou rejoint le cercle des officiers généraux après plus de trois décennies de service. Le président de la République l’a promu au grade de général de brigade par décret présidentiel du 3 août 2026 et l’a également nommé directeur central de l’administration et de la logistique au secrétariat d’État à la Défense chargé de la Gendarmerie nationale.
Avant cette promotion, il occupait le poste de directeur général adjoint de la Direction générale de la Recherche extérieure (DGRE). Une fonction qui prolongeait un parcours marqué par les questions de renseignement, de coordination et de sécurité.
Issu de l’École militaire interarmées (EMIA), promotion sortie en 1995, Mesmin Magloire Aristide Eloundou a poursuivi sa formation en France, notamment à l’École des officiers de la Gendarmerie nationale de Melun en 1998 et à l’École d’état-major de la Gendarmerie de Maisons-Alfort en 2006.
Au sein de la Gendarmerie nationale, il a occupé plusieurs postes stratégiques, dont celui de directeur central adjoint de la Coordination et de directeur de l’Emploi et des Structures entre 2019 et 2023. Sa nouvelle mission sera de superviser les questions administratives et logistiques d’un corps engagé sur plusieurs fronts sécuritaires.
Général Epie Ngome : le spécialiste de la défense sol-air
Le général de brigade Wilson Epie Ngome est un spécialiste de la défense anti-aérienne. Jusqu’à sa promotion, il commandait le 21ᵉ Régiment d’artillerie sol-air (RASA) basé à Edéa. Le président de la République l’a élevé au grade de général de brigade et l’a nommé inspecteur des forces au ministère de la Défense par un second texte.
Formé à l’École militaire interarmées de Yaoundé entre 1998 et 2000, Wilson Epie Ngome a construit son parcours autour des unités opérationnelles. Il a notamment commandé le 31ᵉ Bataillon d’appui de Ngaoundéré entre 2014 et 2017. Son expérience au sein du RASA est particulièrement importante. Il y a occupé les fonctions de chef d’état-major entre 2012 et 2014, puis entre 2017 et 2018, avant d’en prendre le commandement en 2021.
Cette unité assure notamment la protection anti-aérienne d’infrastructures stratégiques du pays, comme les ouvrages énergétiques, les installations industrielles et certains sites sensibles. À son nouveau poste d’inspecteur des forces, il apportera son expertise à l’évaluation et au renforcement des capacités opérationnelles des Forces de défense.
Général Nchankou : un officier des théâtres d’opérations
À 50 ans, le général de brigade Oumar Nchankou Mbouombouo Njindam incarne une génération d’officiers forgés par l’expérience du terrain. Promu général de brigade, il prend également le commandement de la 11ᵉ Brigade d’infanterie motorisée (BIM) basée à Ebolowa. Il succède au général de brigade Assoualai Blama, nommé directeur de l’École supérieure internationale de guerre (ESIG).
Avant cette nomination, il occupait les fonctions de sous-chef chargé des opérations à l’État-major des Armées, où il participait à la planification et au suivi des missions militaires. Diplômé de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en France et de l’École supérieure internationale de guerre de Yaoundé, il a servi dans plusieurs unités, notamment la Brigade du Quartier général, le Centre d’instruction des Forces armées nationales (CIFAN) de Ngaoundéré et les Bataillons d’intervention rapide (BIR).
Engagé dans les opérations contre les groupes armés terroristes dans l’Extrême-Nord, il a également commandé la Zone d’Idenau de la Force BIR Côte. Son parcours opérationnel a été marqué par une blessure en mission en 2016.
Titulaire de plusieurs distinctions, dont la Médaille de la Vaillance et la Croix de la Valeur militaire, il prend désormais la tête d’une grande unité chargée de la défense et de la sécurisation du territoire.
Général Mezui Zo’o : le patron confirmé de la BRIR
Le général de brigade Elie Romance Mezui Zo’o voit sa carrière couronnée par une double reconnaissance : sa promotion au grade de général et son maintien à la tête de la Brigade d’intervention rapide (BRIR). Son parcours militaire est marqué par les unités d’élite. Après un baccalauréat scientifique obtenu en 1989 et un bref passage à l’École normale supérieure de Yaoundé, il choisit finalement la carrière militaire en intégrant l’École militaire interarmées (EMIA) à l’âge de 24 ans.
Après sa formation, complétée par un stage en Belgique, il rejoint la Garde présidentielle en 1998 avant d’intégrer le Bataillon des troupes aéroportées (BTAP) en 2001. Il gravit progressivement les échelons jusqu’à commander cette unité spécialisée. Il a également servi comme assesseur titulaire près le Tribunal militaire de Bafoussam.
Nommé commandant de la BRIR en mars 2020, il conserve aujourd’hui la direction de cette formation stratégique regroupant notamment le Bataillon blindé de reconnaissance (BBR), le Bataillon spécial amphibie (BSA) et le BTAP. Sa promotion confirme la confiance du chef des Armées envers un officier chargé d’une unité majeure dans les opérations de sécurisation du territoire.
Par Jean Daniel MVONDO, à Yaoundé




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