Le commerce des services au cœur du Forum public 2026 de l’OMC
Du 15 au 17 septembre, se tient à Genève en Suisse, le Forum public de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), dédié aux transformations du commerce des services. Avec une croissance attendue de 4,8 % en 2026, les activités numériques élargissent les échanges transfrontaliers et ouvrent de nouveaux marchés. Pour les pays en développement, l’enjeu est désormais de pouvoir capter cette croissance.

Le commerce mondial ne se joue plus seulement dans les ports, les usines et les grands corridors logistiques. Une part croissante des échanges passe désormais par les réseaux numériques. C’est l’une des lignes de force du Forum public 2026 de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), qui se tient du 15 au 17 septembre à Genève, en Suisse. L’OMC prévoit une progression de 4,8 % du commerce mondial des services en 2026. Près de 4 000 participants, 540 intervenants et 113 sessions sont réunis pour mesurer les effets de cette transformation.
Des services qui franchissent les frontières
Les services numériques permettent à davantage d’activités de s’échanger au-delà des frontières. Ils facilitent l’accès aux marchés et accélèrent la diffusion des nouvelles technologies. Cette dynamique modifie aussi les chaînes de valeur et la manière dont les entreprises participent au commerce international. L’OMC veut surtout mesurer les retombées économiques de cette mutation. Les débats portent sur la capacité des services à soutenir la croissance et l’emploi. Les femmes et les jeunes figurent parmi les catégories ciblées.
Les économies en développement sont également au centre des discussions, avec une question simple. Comment transformer l’essor numérique en débouchés commerciaux et en emplois ? La première journée donne le ton. Une table ronde doit examiner le rôle des services numériques comme catalyseur de la croissance. Les échanges porteront aussi sur l’importance d’un commerce des services fondé sur des règles pour le secteur privé.
L’Afrique cherche sa place
Le continent africain occupe une place particulière dans ce débat, à l’OMC. Une session organisée avec la Commission économique pour l’Afrique examinera le potentiel du commerce numérique des services pour le continent. Une autre s’intéressera à la réduction de l’écart de données dans le commerce des services agricoles.
Cette question prend une dimension particulière après la 14e Conférence ministérielle de l’OMC organisée au Cameroun. À Yaoundé, 67 membres représentant 70 % du commerce mondial ont annoncé des dispositions transitoires pour appliquer leur Accord sur le commerce électronique. Le texte constitue un premier socle mondial de règles pour le commerce numérique.
Selon les projections citées par la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, la mise en œuvre de cet accord par ses participants pourrait accroître le commerce mondial de 2 400 milliards de dollars d’ici 2040. À l’échelle multilatérale, le gain pourrait atteindre 8 700 milliards de dollars.
Le défi de l’accès
Le potentiel économique reste cependant lié à la capacité des pays à participer effectivement à cette nouvelle économie. L’OMC poursuit dans ce sens son assistance technique aux administrations. Plus de 13 000 responsables gouvernementaux, dont beaucoup d’Afrique et d’Asie-Pacifique, en ont bénéficié en 2025.
Le Forum élargit enfin le débat aux mutations du travail, à l’économie verte des services et au tourisme médical. Ces thèmes montrent que la numérisation ne transforme pas seulement les échanges. Elle modifie aussi les secteurs dans lesquels les économies peuvent créer de la valeur.
Par Fabrice PORO, envoyé spécial à Genève




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