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Pourquoi la raffinerie de Dangote entre en Bourse au Nigeria

Plus de 4 milliards d’actions de la société de raffinerie de pétrole de Dangote sont proposées aux investisseurs ce lundi 14 septembre 2026 à Lagos. L’opération vise à lever environ 1,5 à 1,6 milliard de dollars selon le taux de change retenu, pour financer notamment l’agrandissement du site pétrolier.

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Nigeria, 7 septembre 2026 : Aliko Dangote présente l’introduction en Bourse de sa raffinerie pétrolière. REUTERS/Sodiq Adelakun

Au Nigeria, le groupe industriel dirigé par Aliko Dangote ouvre ce 14 septembre la souscription à l’introduction en Bourse de sa raffinerie pétrolière. Ses promoteurs présentent l’opération comme la plus vaste levée d’actions jamais tentée sur le continent africain. L’offre porte sur 4,1 milliards d’actions ordinaires nouvelles, pour un produit brut visé d’environ 1,64 milliard de dollars si les investisseurs souscrivent à l’intégralité de l’offre. Une option de surallocation pourrait encore augmenter sa taille de 30 % en cas de forte demande.

L’opération doit notamment contribuer au financement de l’expansion de la raffinerie, que le groupe a mise en service en 2024 en périphérie de Lagos. Le site a atteint 700 000 barils de pétrole brut traités par jour lors d’essais de performance, alors que sa capacité nominale de conception initiale s’établissait à 650 000 barils par jour. Le groupe prévoit désormais de porter cette capacité à 1,4 million de barils par jour d’ici 2029.

1,4 milliard de dollars recherchés

L’introduction en Bourse permet à Dangote de faire entrer de nouveaux investisseurs au capital de sa raffinerie. Le groupe ne compte donc pas uniquement sur l’endettement pour financer son développement. L’offre vise environ 1,64 milliard de dollars, soit environ 1,5 à 1,63 milliard de dollars selon le taux de change retenu. Ces capitaux doivent notamment financer l’expansion du site, dans le cadre d’un programme évalué à 14,3 milliards de dollars et destiné à porter la capacité de traitement à 1,4 million de barils par jour d’ici 2029.

L’introduction en Bourse ne couvrira qu’une partie de cette enveloppe. Aliko Dangote compte également sur d’autres sources de financement, notamment un placement privé conclu quelques semaines plus tôt auprès d’investisseurs institutionnels et souverains. Cette opération a permis de lever environ 2,5 milliards de dollars, avec une demande 3,7 fois supérieure à l’offre initiale. « Une raffinerie capable de traiter plusieurs centaines de milliers de barils par jour nécessite en effet des investissements importants pour augmenter ses capacités de production et renforcer ses infrastructures », a déclaré le milliardaire africain.

L’opération porte sur 4,1 milliards d’actions ordinaires nouvelles, proposées à environ 0,40 dollar l’unité. Les investisseurs peuvent souscrire au minimum 10 actions, soit environ 4 dollars. La période de souscription court du 14 septembre au 13 octobre 2026, avant une cotation envisagée fin novembre sur la Bourse nigériane. Dangote ne cible pas uniquement les grands investisseurs. Le groupe souhaite attirer plusieurs millions de particuliers à travers le Nigeria et élargir son actionnariat. L’investissement comporte toutefois un risque : une fois cotée, la valeur du titre peut évoluer à la hausse comme à la baisse. Devenir actionnaire ne garantit donc pas un gain, explique Daniel Agree, directeur du média financier Sika Finance.

Une opération plus chère qu’un placement institutionnel

Le prix d’environ 0,40 dollar par action donne à l’offre publique une valorisation implicite comprise entre environ 46,9 et 49 milliards de dollars, selon le taux de change retenu. Cette valorisation dépasse celle que les investisseurs institutionnels avaient acceptée lors du placement privé de l’été, estimée entre 40 et 41,7 milliards de dollars. La différence représente une prime d’environ 10 à 13 % pour les souscripteurs particuliers, selon la méthode de calcul retenue. L’offre publique représenterait par ailleurs environ 3,3 % du capital élargi de la société, sur la base de 120,13 milliards d’actions ordinaires déjà enregistrées, selon une lettre d’approbation du régulateur boursier nigérian rapportée par une source unique.

La raffinerie affiche toutefois une nette amélioration de ses performances financières en 2026. Elle a enregistré un résultat net après impôt d’environ 1,82 milliard de dollars, soit environ 1,94 milliard de dollars, au premier semestre, contre une perte d’environ 476 millions de dollars sur l’ensemble de l’exercice 2025. Son taux moyen d’utilisation des capacités est également passé à 83,6 %, contre environ 45 % au début de 2026.

Ce redressement intervient dans un contexte international favorable aux marges de raffinage. Les perturbations de l’approvisionnement mondial en produits raffinés, notamment en carburéacteur, liées au conflit entre les États-Unis et l’Iran ainsi qu’à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, ont notamment soutenu les marges des raffineries.

Du Nigeria vers les marchés africains

La raffinerie produit des carburants destinés au marché nigérian et aux marchés extérieurs. Elle a également pris une place importante dans l’approvisionnement européen en kérosène. Son développement s’inscrit dans une stratégie plus large du groupe Dangote visant à augmenter les volumes disponibles pour les marchés africains. L’enjeu consiste notamment à produire davantage de produits raffinés et à disposer des infrastructures nécessaires pour les acheminer vers différents pays du continent. L’augmentation de la capacité doit ainsi renforcer la place de la raffinerie dans l’approvisionnement régional en produits pétroliers.

L’opération intervient alors que la raffinerie entre dans une nouvelle phase de son développement. Après avoir construit et mis en service le site, le groupe cherche désormais à financer son expansion en ouvrant davantage son capital. L’opération doit aussi élargir la base d’actionnaires du groupe.

Sur le plan industriel, le groupe vise désormais 1,4 million de barils par jour. La raffinerie a déjà atteint 700 000 barils par jour lors d’essais de performance, contre une capacité nominale initiale de 650 000 barils par jour. Le groupe explique ce dépassement par l’optimisation des unités existantes plutôt que par une extension physique des installations. À terme, l’objectif industriel reste clairement fixé : doubler la capacité actuelle de traitement, tout en développant le stockage, la distribution et les exportations vers les marchés africains.

Par Akimas GAKNONÉ GABDOULBÉ, à N’Djamena

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