8,3 millions de personnes privées d’aide vitale
Un nouveau rapport du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) publié le 30 septembre 2026 avertit que près de 8,3 millions de réfugiés, de personnes déplacées de force et d’apatrides sont sur le point de perdre l’accès à une assistance vitale en raison des coupes « drastiques et persistantes » dans les financements.

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) traverse l’une des plus graves crises de financement de son histoire, après les réductions « drastiques et persistantes » de l’aide consentie par les États-Unis et d’autres grands donateurs. Ses ressources disponibles sont passées de 5,2 milliards de dollars en 2024 à 3,9 milliards en 2025. Fin juillet 2026, elle n’avait reçu que 32 % des 8,5 milliards de dollars jugés nécessaires pour l’année. Le décalage est d’autant plus brutal que les besoins, eux, ne diminuent pas. Le HCR estime que 131,2 millions de réfugiés, déplacés et apatrides relèveront de son mandat d’ici à la fin de l’année, contre 129,4 millions fin 2025.
Dans un rapport de 26 pages publié le 30 septembre, le HCR sone l’alerte. « La protection ne peut pas être réduite indéfiniment sans provoquer l’effondrement des systèmes. Sous un certain seuil, les services ne touchent pas simplement moins de personnes : ils peuvent cesser de fonctionner complètement, privant les personnes les plus exposées de la protection dont elles ont besoin », a souligné à Genève Dominique Hyde, directrice des relations extérieures du HCR, dans un communiqué accompagnant la publication du rapport.
233.000 enfants privés de protection
Citant plusieurs pays sous forte pression, l’agence onusienne a indiqué qu’au Tchad, 319.000 réfugiés font face à des retards dans les procédures d’enregistrement, tandis que 200.000 femmes et filles risquent de perdre l’accès aux espaces sûrs et aux programmes de prévention, et environ 233.000 enfants pourraient être privés de services de protection de l’enfance.
En Ethiopie, la couverture des services de protection de l’enfance a chuté jusqu’à 85% dans certaines régions. Au Soudan, des dizaines de milliers de survivantes et survivants de violences sexuelles ainsi que des enfants exposés à des risques graves pourraient perdre l’accès à des services de protection essentiels.
Face à la forte diminution des ressources disponibles, le HCR a dit avoir dû prendre d’importantes mesures difficiles, notamment en réduisant ses effectifs de 33% en 2025, en fermant des bureaux dans 140 sites dans le monde et en mettant fin à ses opérations dans 15 pays par rapport à 2024. Toutefois, l’ampleur et la persistance du déficit de financement affectent désormais même les interventions de protection et de recherche de solutions considérées comme prioritaires, a-t-il ajouté.
« Coupes budgétaires draconiennes »
Cette situation, est la conséquence de la nouvelle politique de financement des organisations humanitaires, dont le HCR. « Il s’agit là de coupes budgétaires draconiennes à grande échelle qui auront des répercussions sur d’innombrables vies, et ce n’est pas pour le mieux : dans certaines des plus grandes crises de déplacement au monde, le financement a désormais atteint un niveau tel que des systèmes de protection entiers sont en train d’être démantelés », a averti Dominique Hyde, dans un communiqué accompagnant la publication du rapport.
Le constat tient en une formule. « En dessous d’un certain seuil, le système ne se réduit pas, il s’effondre ». C’est l’une des conclusions d’un rapport publié mardi par le HCR, dans lequel il décrit une crise financière qui l’oblige à sabrer dans des programmes allant de l’enregistrement des réfugiés à la protection des enfants et des victimes de violences sexuelles.
Par Jean Daniel MVONDO, à Yaoundé




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