Médicaments : l’Afrique de l’Ouest veut réduire sa dépendance
Réunis à en Côte d’Ivoire pour le 47e congrès de la Société ouest-africaine de pharmacologie (SOAP), chercheurs, régulateurs et industriels plaident pour une recherche scientifique tournée vers l’autonomie sanitaire du continent.

Comment faire de l’innovation scientifique un levier de souveraineté sanitaire ? C’est la question au cœur du 47e congrès de la Société ouest-africaine de pharmacologie (SOAP), ouvert le 13 octobre 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. L’événement, couplé à la 2e Journée de pharmacologie, de thérapeutique et de pharmacovigilance, rassemble experts, chercheurs, autorités de régulation et acteurs de l’industrie pharmaceutique de la sous-région.
Représentant le ministère ivoirien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, la professeure Yolande Koffi a présenté l’innovation scientifique comme un pilier du développement sanitaire. « L’innovation scientifique est le socle de notre engagement en faveur d’une recherche scientifique d’excellence qui contribue à l’amélioration de la qualité de vie de nos populations », a-t-elle affirmé, insistant sur la nécessité de « produire des résultats pertinents, capables de répondre concrètement aux problèmes de développement ».
70 à 90 % des médicaments importés
Le directeur général de l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP), Assane Coulibaly, a pour sa part dressé un constat préoccupant. Selon lui, l’Afrique accueille moins de 2 % des essais cliniques réalisés dans le monde, alors que 70 à 90 % des produits pharmaceutiques consommés sur le continent proviennent de l’étranger. Une fragilité des chaînes d’approvisionnement qui, estime-t-il, exige une réflexion pragmatique sur la souveraineté pharmaceutique. « La régulation et la recherche scientifique sont donc indissociables. L’innovation scientifique constitue une opportunité historique pour l’Afrique de l’Ouest, à condition qu’elle soit évaluée et encadrée avec rigueur », a souligné le patron de l’AIRP.
Le président de la SOAP, le professeur Aurel Constant Allabi, a quant à lui mis en avant la mutation profonde de la pharmacologie, portée par les avancées de la biologie moléculaire. Il a invité les universitaires et chercheurs ouest-africains à resserrer leurs liens et à travailler davantage en réseau pour relever les défis communs. Un enjeu qui dépasse les frontières de l’Afrique de l’Ouest : en Afrique centrale aussi, la dépendance aux importations de médicaments reste un défi majeur pour les systèmes de santé.
Par David KOUADIO, avec XINHUA




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