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Les importations africaines augmentent de 18% à l’ère de la Zlecaf

La forte hausse des importations africaines révèle le dynamisme de la demande sur le continent, mais aussi sa dépendance aux approvisionnements extérieurs. Pour la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), l’enjeu est de transformer cette demande en débouchés pour les producteurs africains et d’accélérer l’intégration commerciale régionale.

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L’OMC relève à 3,9% sa prévision de croissance du commerce mondial pour 2026. ©AFP

Selon les Perspectives et statistiques du commerce mondial, publiées le 8 octobre 2026 par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les échanges mondiaux de marchandises devraient croître de 3,9 % en 2026, contre 1,9 % prévu en mars, puis de 4,1 % en 2027. En Afrique, les importations ont bondi de 18 % en valeur au premier semestre, portées par les carburants, les véhicules et les équipements électriques. Cette dynamique offre des débouchés à la Zlecaf, mais interroge sur la capacité des producteurs africains à répondre à cette demande.

Parallèlement, les exportations africaines ont progressé de 23 %, confirmant l’intensification des échanges sur le continent. Toutefois, les achats de produits manufacturés en provenance d’Asie restent soutenus. Les ventes africaines à l’étranger concernent davantage le cuivre, l’or, les machines électriques, les carburants et les engrais, tandis que celles de cacao, de fer et d’acier reculent. Cette structure commerciale traduit la persistance d’un modèle fondé sur l’exportation de ressources et l’importation de produits transformés.

Une demande qui s’élargit

La progression des achats africains intervient dans un contexte mondial de forte accélération des échanges. En valeur, le commerce mondial de marchandises a augmenté de 15 % sur les six premiers mois de 2026. Le mouvement a été porté par les équipements de bureau et de télécommunication, en hausse de 49 %, avec une progression de 51 % pour les composants électroniques. Les investissements liés à l’intelligence artificielle ont fortement tiré la demande.

Pour l’Afrique, cette évolution se traduit surtout par des besoins en énergie, en mobilité et en équipements. C’est là que se pose la question centrale pour la Zone de libre-échange continentale africaine. Une partie de ces achats supplémentaires peut-elle être remplacée par une offre produite sur le continent ?

Le rapport de l’OMC ne calcule pas cette part. Il ne mesure pas non plus l’effet direct de la Zlecaf sur les importations africaines. Mais ses données donnent une matière économique claire à cette interrogation. L’enjeu n’est plus seulement d’ouvrir les marchés africains. Il consiste aussi à faire en sorte que la demande créée par leur croissance alimente davantage les entreprises africaines.

Le test industriel

Les chiffres montrent que l’opportunité existe déjà sur plusieurs segments. L’Afrique augmente ses exportations de machines électriques, de carburants et d’engrais. Elle dispose aussi d’importantes ressources minières, dont le cuivre et l’or, qui profitent actuellement à ses ventes extérieures. Mais la hausse simultanée des importations de produits manufacturés traduit l’écart qui subsiste entre ses besoins et ses capacités industrielles.

La trajectoire des importations en volume confirme cette pression de la demande. Pour l’ensemble de 2026, l’OMC prévoit une progression de 8,9 % des volumes importés en Afrique. C’est le deuxième rythme le plus élevé parmi les grandes régions, derrière l’Asie à 9,5 %. Les exportations africaines devraient, elles, progresser de 5,6 % en volume.

Le différentiel est important. Il signifie que le continent devrait continuer à absorber davantage de marchandises qu’il n’en vend à l’extérieur. Pour la Zlecaf, cette demande supplémentaire représente un débouché potentiel. Encore faut-il disposer d’une offre compétitive, d’énergie disponible, de capacités logistiques et de chaînes de production capables de servir plusieurs marchés nationaux.

L’exemple asiatique

Le rapport de l’OMC montre justement ce qui manque encore à l’Afrique. En Asie, la progression des importations et des exportations s’appuie sur des réseaux de production étroitement intégrés. Les échanges concernent notamment les machines électriques et électroniques, les composants, les circuits intégrés et les véhicules. La hausse des échanges accompagne directement les chaînes de valeur régionales.

L’Afrique possède un autre atout. Ses exportations profitent actuellement de la demande mondiale pour les minerais critiques, les métaux précieux et l’énergie. Le premier semestre a ainsi vu les exportations africaines progresser de 23 % en valeur. Le risque consiste toutefois à voir cette amélioration des recettes d’exportation continuer à financer des importations de produits à plus forte valeur ajoutée.

La Zlecaf peut changer cette mécanique à condition que les entreprises africaines captent une part plus importante des dépenses des ménages, des entreprises et des États du continent. Le déplacement d’une partie des achats vers des fournisseurs africains créerait alors un double effet. Il réduirait certaines sorties de devises et élargirait les marchés accessibles aux industriels locaux.

Par Fabrice PORO, à Yaoundé

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