Cuivre, or et pétrole : la RDC, l’Ouganda et l’Angola ont dopé les exportations
La RDC, l’Ouganda et l’Angola ont largement tiré leur épingle du jeu au premier semestre 2026. Selon le dernier rapport de l’OMC, publié ce jeudi 8 octobre, leurs exportations ont bondi de 50 %, 35 % et 29 % respectivement, portées par le cuivre, l’or et les combustibles. Une poussée qui place ces trois pays parmi les locomotives commerciales du groupe des pays les moins avancés.

Le commerce extérieur africain a trouvé quelques relais de croissance au premier semestre 2026. La République démocratique du Congo, l’Ouganda et l’Angola se détachent nettement dans les statistiques de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Leurs exportations progressent respectivement de 50 %, 35 % et 29 % sur un an. Ces chiffres figurent dans la mise à jour d’octobre du Global Trade Outlook and Statistics (GTOS), rendue publique ce jeudi 8 octobre 2026 lors de la présentation à la presse des nouvelles perspectives commerciales de l’OMC. Le rapport, rendu public, actualise les prévisions publiées en mars à partir des données commerciales disponibles pour le premier semestre.
La RDC portée par le cuivre
Kinshasa signe la progression la plus spectaculaire du groupe. Les exportations de la RDC augmentent de 50 % en valeur au premier semestre. Le cuivre en constitue le principal moteur, avec une hausse de 56 %. Cette performance s’inscrit dans un contexte favorable aux matières premières. L’OMC relève une forte progression de la demande et des prix de plusieurs minerais, notamment le cuivre, l’or et l’argent, alimentée notamment par les investissements dans les équipements liés à l’intelligence artificielle.
La dynamique congolaise tranche avec la tendance mondiale. Sur la même période, la valeur des échanges mondiaux de marchandises progresse de 15 %. En Afrique, les exportations augmentent de 23 %, tirées notamment par le cuivre, l’or, les équipements électriques, les combustibles et les engrais.
L’or dope les ventes ougandaises
L’Ouganda arrive derrière la RDC avec une progression de 35 % de ses exportations. Ici, le moteur est précieux. Les ventes d’or bondissent de 102 %. Le métal jaune bénéficie d’une demande soutenue sur les marchés internationaux. Cette évolution contribue aussi à la progression globale des exportations africaines, dont la valeur augmente de 23 % sur les six premiers mois de l’année. L’OMC constate que les pays les moins avancés ont dans leur ensemble enregistré une croissance supérieure à celle du commerce mondial. Leurs exportations progressent de 25 %, contre 20 % pour leurs importations.
L’Angola profite des combustibles
L’Angola complète ce trio avec une hausse de 29 % de ses exportations. Les combustibles expliquent une large part de cette progression, avec une augmentation de 31 %. Cette performance intervient alors que les prix de l’énergie ont fortement progressé au premier semestre. Selon le rapport, les échanges mondiaux de combustibles augmentent de 15 % en valeur, après une baisse de 9 % en 2025. La hausse des prix du pétrole a largement contribué à ce retournement. Les trois trajectoires illustrent ainsi le poids toujours déterminant des matières premières dans les performances commerciales africaines.
L’IA change aussi la donne
Ces performances ne peuvent toutefois pas être dissociées du contexte international. Le rapport de l’OMC estime que le commerce mondial de marchandises devrait finalement progresser de 3,9 % en volume en 2026, contre 1,9 % prévu en mars. L’investissement massif dans l’intelligence artificielle a davantage soutenu les échanges que le conflit au Moyen-Orient ne les a freinés. « Le système s’est montré résilient », a résumé Johanna Hill, directrice générale adjointe de l’OMC, lors de la présentation du rapport. Elle souligne que les entreprises ont adapté leurs chaînes d’approvisionnement et que la production d’autres régions a permis de remplacer les fournitures perturbées.
Robert Staiger, économiste en chef de l’OMC, insiste pour sa part sur la concentration de cette croissance. « La croissance apparaît fortement concentrée dans certains pays et certaines régions », observe-t-il. L’Asie devrait ainsi apporter 4 points de croissance à un commerce mondial de marchandises attendu à 3,9 %. Dans ce paysage, les performances de la RDC, de l’Ouganda et de l’Angola montrent surtout que les pays africains disposant de minerais, de métaux précieux ou d’hydrocarbures ont bénéficié de la hausse de la demande et des prix au premier semestre.
Par Fabrice PORO, à Yaoundé




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