Le Ghana et la Chine resserrent leurs liens
En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le vice-président chinois Han Zheng a proposé au président John Mahama, au cours d’une rencontre à New York le 25 septembre, de renforcer la coopération dans les mines, les énergies vertes et la formation.

Le vice-président chinois Han Zheng a déclaré le 25 septembre que la Chine était prête à travailler avec le Ghana pour mettre en œuvre l’important consensus atteint par les deux chefs d’État, perpétuer l’amitié traditionnelle, consolider la confiance politique mutuelle, élargir la coopération pragmatique et approfondir régulièrement le partenariat stratégique sino-ghanéen. Il s’exprimait lors d’un entretien avec le président ghanéen John Dramani Mahama à New York, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Han Zheng a indiqué que l’amitié entre la Chine et le Ghana, forgée par les dirigeants des générations précédentes des deux pays, avait résisté à l’épreuve du temps.
Beijing et Accra partagent de nombreux points de convergence dans la promotion de l’unité, de l’autonomie, du développement et du renouveau des pays du Sud global, a dit M. Han. Il a appelé les deux parties à se soutenir fermement et à renforcer leur solidarité et leur coopération dans les nouvelles circonstances. La Chine est prête à faire progresser la coopération avec le Ghana dans des domaines tels que l’exploitation minière, les énergies vertes, la formation professionnelle et le développement de la jeunesse, a-t-il ajouté.
Chine-Ghana : une longue histoire
Le vice-président chinois a appelé le Ghana à continuer d’offrir un environnement favorable aux entreprises chinoises qui investissent et opèrent dans le pays. Il l’a aussi invité à tirer pleinement parti de la politique chinoise de droits de douane nuls, afin de mieux parvenir à des bénéfices mutuels et à un développement commun.
Pour sa part, le président Mahama a dit que les relations entre le Ghana et la Chine reposaient sur de profondes bases historiques et que son pays appréciait sincèrement le soutien apporté par la Chine au fil des ans. Le Ghana adhère toujours à la politique d’une seule Chine, a-t-il rappelé. Il souhaite renforcer la coopération avec la Chine dans le commerce, les investissements, l’exploitation minière et l’industrie manufacturière, ainsi que les échanges entre les peuples.
Le Ghana soutient les initiatives mondiales de la Chine et est prêt à approfondir la coordination multilatérale avec elle, y compris dans le cadre de l’Union africaine, a poursuivi John Dramani Mahama. Selon lui, les deux parties œuvreront ensemble à un ordre international plus équitable et plus juste.
Un partenaire commercial de premier plan
Ces échanges s’inscrivent dans une relation économique en forte expansion. Selon l’ambassadeur de Chine à Accra, Cong Song, le commerce bilatéral a atteint le niveau record de 14,1 milliards de dollars en 2025, en hausse de 19,3 % sur un an. La Chine est ainsi le premier partenaire commercial du Ghana. Les échanges restent toutefois déséquilibrés. En 2023, les exportations chinoises vers le Ghana s’élevaient à 9,23 milliards de dollars, selon la base de données Comtrade des Nations unies. Il s’agissait principalement de machines, d’équipements électriques, de véhicules, de plastiques et d’acier.
Le Ghana exporte surtout vers la Chine de l’or, du pétrole brut et du manganèse. C’est dans ce contexte que Beijing met en avant la politique de droits de douane nuls, annoncée en juin 2025 au bénéfice des 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec la Chine. Selon la partie chinoise, cette mesure doit réduire les coûts à l’exportation des entreprises ghanéennes et attirer des investissements dans la transformation locale.
La Chine est aussi la première source de nouveaux projets d’investissement direct étranger (IDE) au Ghana. Au premier semestre 2025, les investisseurs chinois représentaient 22 des 76 nouveaux projets enregistrés par le Ghana Investment Promotion Centre (GIPC), le chiffre le plus élevé pour un seul pays. Sur l’ensemble de l’année, le Ghana a attiré environ 2,61 milliards de dollars d’IDE, contre 652 millions en 2024, selon les chiffres provisoires du GIPC.
En valeur, la Chine arrive en deuxième position avec 486 millions de dollars, juste derrière les îles Caïmans (500 millions). Selon le directeur général du GIPC, Simon Madjie, le Ghana a reçu plus de 3,9 milliards de dollars d’IDE chinois au cours de la dernière décennie. Ces investissements concernent notamment les mines, l’énergie, l’industrie manufacturière, l’aviation et la construction.
Mines, énergie et dette : des piliers sous surveillance
L’exploitation minière, évoquée par les deux dirigeants, structure déjà la relation. En 2018, Accra a conclu avec le groupe public chinois Sinohydro un accord de 2 milliards de dollars. Des infrastructures, surtout routières, doivent être payées par les revenus de la bauxite raffinée. Le projet d’extraction dans la réserve forestière d’Atewa est toutefois contesté pour son impact environnemental. Dans l’énergie, des acteurs chinois ont contribué au barrage hydroélectrique de Bui et à l’usine de traitement de gaz d’Atuabo. Le secteur minier nourrit aussi des tensions, notamment autour de l’implication de ressortissants chinois dans l’orpaillage illégal, le « galamsey ». Beijing assure s’opposer à ces pratiques et demande à ses ressortissants de respecter les lois ghanéennes.
Sur le plan financier, le Ghana a contracté 53 prêts chinois entre 2000 et 2020, pour 5,3 milliards de dollars, selon l’Université de Boston. Le FMI évaluait l’encours de cette dette à 1,9 milliard de dollars, dont 619 millions garantis par le cacao, la bauxite, le pétrole ou l’électricité. La Chine avance un chiffre plus modeste : un milliard de dollars avant 2022, soit 3,6 % de la dette extérieure.
Après le défaut du Ghana, la Chine a coprésidé avec la France le Comité des créanciers officiels. Le protocole d’accord de janvier 2025 porte sur 5,4 milliards de dollars et doit alléger le service de la dette d’environ 2,86 milliards. Mi-2025, le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, a négocié les termes bilatéraux à Beijing avec le ministère chinois des Finances et la China Exim Bank.
Par XINHUA et Yaw BOATENG-GYAMFI, à Accra




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