Burkina Faso : les chaînes publiques sans abonnement actif sur Canal+
Après plusieurs mois de bras de fer, le Conseil supérieur de la communication (CSC) a annoncé ce 28 août 2026 que le groupe français Canal+ International a rétabli l’accès en clair aux chaînes publiques burkinabè pour les abonnés dont le contrat est arrivé à expiration.

C’est une issue favorable pour le régulateur, qui avait infligé deux sanctions à l’opérateur au cours des derniers mois. Dans un communiqué signé d’Issa Laknapin Alexandre Zou, vice-président du Conseil supérieur de la communication (CSC), ce 28 août 2026 du Burkina Faso annonce que les chaînes de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) sont désormais accessibles en clair sur le bouquet Canal+ dans le pays. Selon le régulateur, cette bascule est effective depuis le 27 août à 15 heures.
L’annonce met fin, du moins provisoirement, au différend qui oppose depuis plusieurs mois le CSC à l’opérateur audiovisuel, au sujet d’une convention signée en février 2025. Cette convention garantit aux abonnés résidant au Burkina Faso l’accès en clair aux chaînes publiques nationales, y compris après l’expiration de leur abonnement, sans qu’ils aient à envoyer un SMS pour y accéder.
RTB, RTB Zénith et RTB3 accessibles gratuitement
Concrètement, trois chaînes publiques basculent en clair : RTB, disponible sur le canal 420, RTB Zénith sur le canal 421, et RTB3 sur le canal 422. Le CSC précise dans son communiqué que ce positionnement est provisoire. Un nouveau plan de service de Canal+ doit, à terme, permettre à ces chaînes de retrouver leurs canaux d’origine, à savoir les positions 1, 2 et 3, une évolution qui fera l’objet d’un communiqué séparé du régulateur le moment venu.
L’accès en clair ne concerne que les chaînes publiques burkinabè : le reste du bouquet payant de Canal+ demeure soumis aux conditions habituelles d’abonnement. Dans son communiqué, le CSC inscrit cette avancée dans sa mission de protection des droits des téléspectateurs burkinabè. Le régulateur affirme poursuivre ses efforts pour garantir un service public de l’information « de qualité, à un coût abordable et sans discrimination aucune ».
Le Conseil dit également prendre acte de la patience du public depuis le début de ce différend et annonce qu’il pourrait communiquer d’autres précisions dans les prochaines semaines, à mesure que le dossier évoluera.
Deux sanctions en un mois et demi
Le CSC explique avoir multiplié les interpellations auprès de Canal+ International au fil des mois, sans jamais obtenir de réponse satisfaisante de la part de l’opérateur. Le régulateur affirme avoir privilégié dans un premier temps la voie du dialogue, en rappelant à Canal+ ses obligations contractuelles issues de la convention de février 2025, avant de constater que la situation restait inchangée pour les abonnés concernés.
Faute de mise en conformité, le CSC a fini par frapper au portefeuille. En juin 2026, il a infligé une première amende de 50 millions de francs CFA à Canal+, tout en lui ordonnant de lever tout obstacle à l’accès en clair aux chaînes publiques, sans demander aux abonnés d’envoyer un SMS pour y accéder. Le régulateur avait alors accordé 30 jours à l’opérateur pour se conformer à cette décision.
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Selon le régulateur, Canal+ n’a pas respecté ce délai, poussant le CSC à durcir le ton. Le 27 juillet 2026, le CSC a prononcé une seconde sanction, plus lourde, de 200 millions de francs CFA contre Canal+ International pour non-exécution de sa première décision. En l’espace de six semaines, le régulateur a ainsi infligé à l’opérateur un total de 250 millions de francs CFA de sanctions.
C’est finalement à la suite de cette seconde sanction que Canal+ International s’est résolu à rendre accessibles, sans démarche particulière de la part des abonnés, les chaînes de la RTB pour les clients dont l’abonnement est échu.
Par Adrien OUEDRAOGO, à Ouagadougou




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